Partir ou rester ? Changement d’emploi à 45 ans

En moyenne, nous changeons d’emploi une à cinq fois dans notre vie. Seuls 14 % des citoyens allemands  se maintiennent à un seul emploi durant leur vie active.

À quel point un changement d’emploi est-il “dangereux” et à quel age ? un homme d’une quarantaine d’années nous laisse partager ses pensées.

Bernd Vinken a 45 ans est physiothérapeute de formation. Il travaille maintenant depuis neuf ans dans un centre de réhabilitation, après avoir exercé le métier de thérapeute à plein temps pour une équipe de handball de la Bundesliga.

“Le temps était passionnant parce que nous étions souvent sur la route et que quelque chose d’imprévisible se produisait toujours”, dit le thérapeute. Mais comme il est devenu père pour la deuxième fois, Vinken a décidé de prendre un emploi local afin d’être plus proche de sa famille et de ralentir un peu sa vie professionnelle.

Encore des chances sur le marché du travail ?

Au début, Vinken n’y était pas habitué, mais le père de famille a rapidement ressenti les avantages des horaires de travail réglementés, des soirées et des week-ends libres. Entre-temps, ses deux enfants vont à l’école primaire et sa femme a repris son ancien travail.

“C’était ça, maintenant ? Est-ce que je vais maintenant me rendre  régulièrement à cette clinique pour les 22 années restantes de ma carrière et rester debout sur le banc de traitement et au bord de la piscine de ce bassin d’exercice à l’âge de 60 ans ? Telles sont les questions qui  tourmentent  Bernd Vinken depuis des mois.

Car il sait aussi que s’il veut changer à nouveau  de travail, il doit le faire rapidement car à partir de 45 ans,  les opportunités de travail se rétrécissent, le marché du travail préfèrent les jeunes plutôt que les adultes

Contrat de travail illimité, mais aucune chance de promotion

“Bien sûr, on ne refuse pas  un contrat de travail à durée illimitée pour aucune raison explique M. Vinken, qui a acheté une maison à sa famille il y a cinq ans et la paie mensuellement. Il dit entre autre que le climat de travail et ses collègues sont bons, et que le chemin de la clinique est même accessible à vélo.

Et pourtant, Vinken n’est pas heureux à l’idée de faire exactement ce qu’il fait aujourd’hui jusqu’à sa retraite. “Le fils du patron va prendre le poste de direction de mon département dans deux ans, je n’ai donc aucune chance d’avancement”, explique le thérapeute, qui manque de perspective motivante.

Un changement de profession en tant qu’entrant latéral est hors de question pour Vinken. “En tout cas, je voudrais continuer à travailler dans le domaine thérapeutique. Mais peut-être assicié par des tâches administratives ou organisationnelles ou des questions de personnel”.

Les objectifs sont essentiels

Bernd Vinken  est conscient de sa vie professionnelle pour qu’il puisse créer une nouvelle motivation et éthique du travail. Les économistes et les conseillers d’orientation professionnelle considèrent cet aspect comme extrêmement important.

“Imaginez où vous voulez être dans dix ans et réfléchissez ensuite aux étapes à suivre pour y parvenir”, conseille le psychologue d’entreprise et auteur Martin Sauerland dans son livre “Design your mind”. De nombreuses personnes éprouvent des difficultés à prendre la décision finale de changer d’emploi.

On ne sait pas encore si et quand Bernd Vinken changera à nouveau de carrière. Mais ses réflexions progressent. “Je veux à nouveau sonder toutes les possibilités au sein de l’entreprise, parce qu’au fond je me sens à l’aise avec cet employeur”, explique-t-il.

“Ensuite, je veux obtenir des conseils professionnels d’un coach de travail. J’ai donc besoin d’un peu plus de temps”, dit Vinken. Mais une chose est déjà claire pour lui après ses délibérations. “Ce n’est pas fini, loin de là ! Même si j’appartiens déjà au groupe des candidats les plus âgés, j’ai encore beaucoup à faire dans ma vie, tant sur le plan professionnel que personnel.